Rétrospective de Lucile Havet, boursière FIRENDO au congrès ESPE 2026 à Marseille // Réversibilité des hypogonadismes hypogonadotropes congénitaux
Auteur : Lucile Havet ; Eloïse Giabicani, lucile.havet@aphp.fr ; eloise.giabicani@aphp.fr
Réversibilité des hypogonadismes hypogonadotropes congénitaux
L’hypogonadisme hypogonadotrope congénital (HHC) est une maladie rare, génétiquement et cliniquement hétérogène, caractérisée par un défaut de sécrétion ou d’action de la GnRH, responsable d’un déficit pubertaire et d’une infertilité fréquente. Bien que classiquement considéré comme permanent, une récupération spontanée de l’axe hypothalamo-hypophyso-gonadique est observée chez environ 10 à 15 % des hommes atteints. Cette réversibilité survient après une période de normalisation de la testostéronémie et peut parfois être transitoire. Des travaux récents, notamment ceux d’Andrew Dwyer et de ses collaborateurs, ont permis de mieux caractériser les profils de patients associés à une plus grande probabilité de réversibilité. Les patients ayant une forme plus modérée (volume testiculaire initial plus important, des taux de FSH détectables et des signes de puberté spontanée partielle) sont plus susceptibles de récupérer une fonction gonadotrope, indépendamment de la présence ou non d’une anosmie. Cependant, cette réversibilité est aussi décrite en cas de phénotype clinique et biologique plus sévère. L’identification d’un variant pathogène ne sous-entend pas la réversibilité de l’hypogonadisme. Ainsi, les variants pathogènes dans le gène du récepteur de la GnRH semblent davantage associés à une possible réversibilité, tandis que les formes oligogéniques (2 gènes ou plus atteints) et certains variants, notamment dans ANOS1, sont plus fréquemment observés en l’absence de réversibilité. Cette réversibilité survient majoritairement chez le jeune adulte, toujours après une période de normalisation de la testostéronémie (généralement > 6mois). L’élément clinique clé dans la détection de cette réversibilité est la croissance du volume testiculaire au cours du traitement par testostérone, suggérant une activation endogène de l’axe gonadotrope. Le volume testiculaire doit donc être évalué régulièrement, même chez les patients traités. En cas de suspicion de réversibilité, tout arrêt thérapeutique doit être réalisé de manière encadrée, avec une réévaluation hormonale et une surveillance clinique prolongée. Une normalisation de la testostéronémie doit conduire à rechercher une éventuelle reprise d’activité hypophysaire, tout en surveillant le risque de récidive. L’association d’une caractérisation clinique et biologique précise et des données génétiques permet ainsi d’orienter une surveillance personnalisée.
Ressources
https://www.eurospe.org/event/64th-espe-meeting/

