Rétrospectives des boursiers FIRENDO du Congrès de l'association européenne NeuroEndocrine (ENEA), 11-13 septembre 2024, Seville
Auteur : Fanny Chasseloup, fanny.chasseloup@aphp.fr
ENEA 2024 – Meilleure Communication Orale Jeune Chercheur : vers une nouvelle méthode de diagnostic du diabète insipide par déficit en vasopressine ?
Le congrès de l’ENEA (European Neuroendocrine Association) s’est tenu à Seville courant septembre 2024. Ce fut l’occasion d’écouter de jeunes chercheurs venus présenter leurs travaux à l’occasion des communications orales organisées par le « ENEA Young Researcher Committee ». Le diabète insipide central aussi maintenant appelé déficit en vasopressine est une pathologie caractérisée par une polyurie hypo-osmotique secondaire à un trouble de la synthèse ou de la régulation de l’hormone antidiurétique. Cette atteinte de la neurohypophyse conduit à un syndrome polyuro-polydipsique qui peut être difficile à différencier de celui observé dans la polydipsie primaire, où il est secondaire à l'ingestion excessive de grandes quantités d'eau mais sans anomalie de l’hormone anti-diurétique. Actuellement, outre les antécédents médicaux, l’examen physique et l’imagerie de la région hypothalamo-hypophysaire parfois insuffisants pour distinguer ces deux diagnostics, des tests fonctionnels comme le test de restriction hydrique ou la stimulation de la copeptine par une hyperosmolarité induite par une perfusion de sérum salé hypertonique peuvent être proposés afin de distinguer ces deux pathologies. Le Dr Cihan Atila de l’équipe d’Endocrinologie de l’Université de Bâle dirigée par le Prof. Mirjam Christ-Crain s’est vu remettre le prix de la meilleure communication orale durant le congrès de l’ENEA pour la présentation de ses travaux autour du diagnostic du diabète insipide par déficit en vasopressine. En effet, il a présenté les résultats d’un travail réalisé auprès de 300 patients présentant soit une polydipsie primaire soit un diabète insipide par déficit en vasopressine. Ces travaux se sont basés sur les résultats des analyses sanguines au moment de la prise en charge et sur des données obtenues par l’interrogatoire du patient afin de mettre au point une nouvelle méthode de diagnostic du déficit en vasopressine grâce à un algorithme simple ne nécessitant pas de test dynamique. Cette méthode, d’abord mise au point grâce à une première cohorte a pu ensuite être ensuite validée sur une seconde cohorte de patient. Brièvement, cet algorithme inclut la natrémie, l’osmolarité plasmatique, la concentration de copeptine à jeun et des données cliniques issues de l’interrogatoire. Il permet ainsi d’obtenir un score de probabilité d’avoir un diabète insipide par déficit en vasopressine. Ce score de probabilité permettait, dans les résultats présentés, de poser le diagnostic de déficit en vasopressine ou de polydipsie primaire avec une efficacité diagnostic de 86 % pour les valeurs intermédiaires mais de 93 % pour les valeurs extrêmes. Ces résultats sont assez proches de ceux obtenus avec les test diagnostiques dynamiques classiquement utilisés et permettraient ainsi d’éviter ces épreuves dynamiques parfois difficiles à organiser en pratique clinique et souvent mal tolérées par les patients. Ce nouveau score de probabilité pourrai donc ouvrir de nouvelles possibilités pour un diagnostic plus simple du déficit en vasopressine.
Réferences bibliographiques
https://enea.org/enea-young-researcher-committee/eyrc-prizes/

