Rétrospectives des boursiers FIRENDO du congrès ECE 2026 à Prague// Les tanycytes au carrefour de l’axe gonadotrope et du métabolisme
Auteur : Morgane Mauger , morgane.mauger1604@gmail.com
Les tanycytes au carrefour de l’axe gonadotrope et du métabolisme
Les fonctions reproductives et métaboliques sont étroitement liées via l’hypothalamus. Les tanycytes, longtemps considérés comme de simples cellules de soutien, jouent un rôle clé dans ce dialogue neuroendocrinien, notamment grâce au récepteur alpha des œstrogènes (ERα).
Le système nerveux central et la périphérie sont en communication perpétuelle, comme en témoigne le système hypothalamo-hypophyso-gonadique (HHG). L’hypothalamus (en particulier le noyaux arqué et l’éminence médiane) revêt une place prépondérante dans le contrôle de cet axe et intervient particulièrement dans la sécrétion pulsatile de GnRH, mais aussi dans le contrôle de la faim et de la satiété.
Ce microenvironnement complexe n’est pas seulement peuplé de neurones. Nous y trouvons également certaines cellules gliales spécialisées comme les tanycytes, qui bordent le plancher du 3ème ventricule dans l’hypothalamus et dont les prolongements se projettent au contact de l’éminence médiane et du noyaux caudé. Ils participent au transport des messagers hormonaux vers l’hypothalamus.
Plus spécifiquement, les tanycytes communiquent avec les œstrogènes via l’expression à leur surface du récepteur alpha des œstrogènes (ERα), articulant les fonctions reproductives et métaboliques. En effet, chez les femelles souris privées d’ERα au niveau des tanycytes, il a été observé une perturbation des cycles menstruels et une augmentation des concentrations d’estradiol et de LH, ainsi qu’une altération de leur fertilité. La détection des œstrogènes via leur récepteur parait participer activement à la plasticité des tanycytes et à la pulsatilité de la libération de GnRH et de LH, influençant la réponse ovarienne et l’axe HHG.
En parallèle, l’activation d’Erα dans les tanycytes augmente l’absorption et la libération de leptine, et favorise le transport de la leptine et du semaglutide vers l’hypothalamus, particulièrement chez les femmes. A l’inverse, l’absence d’Erα est associé à une altération des fonctions de transport et de barrière des tanycytes, ainsi qu’à des modifications métaboliques pouvant conduire à une prise de poids.
Par conséquent, l’expression d’ ERα dans les tanycytes se présente comme un régulateur majeur de l’intégration des signaux gonadiques et métaboliques au sein de l’hypothalamus. Ces données ouvrent des perspectives thérapeutiques prometteuses pour moduler l’axe gonado-métabolique.
Ressources bibliographiques
https://ece.virtual-meeting.org/programme/session/83718

