Rétrospectives des boursiers FIRENDO du congrès ECE 2024 à Stockholm//

Auteur : Jordan TEOLI, jordan.teoli@chu-lyon.fr

Présentation : La 21-désoxycortisone serait un meilleur marqueur que la 17-hydroxyprogestérone pour repérer les nouveau-nés atteints de forme sévère de déficit en 21-hydroxylase lors du dépistage néonatal


Un nouveau biomarqueur plasmatique sensible pour identifier un déficit en 21-hydroxylase chez le nouveau-né 


La corticosurrénale est un organe qui intervient notamment dans la synthèse de l’aldostérone (hormone impliquée dans l’hydratation de l’organisme) et du cortisol (hormone de stress). La synthèse de ces différentes hormones fait intervenir une cascade de modifications réalisées à partir d’une molécule de cholestérol. Ces modifications sont réalisées par l’action successive de plusieurs enzymes. La 21-hydroxylase est l’une de ces enzymes.

En cas de déficit sévère en 21-hydroxylase, l’enchaînement des modifications du cholestérol est bloqué. Ceci entraine une accumulation de précurseurs du cortisol ou de l’aldostérone, la 17-hydroxyprogestérone (17OHP) notamment et ses dérivés 21-désoxycortisol et 21-désoxycortisone (21DE). Le déficit sévère en 21-hydroxylase est aussi responsable d’un déficit en cortisol +/- aldostérone. 

Le déficit sévère en 21-hydroxylase peut menacer le pronostic vital dès les premiers jours de vie. A ce titre, un dépistage néonatal (DNN) recherchant le déficit sévère en 21-hydroxylase est systématiquement proposé au 3e jour de vie. Il repose sur le dosage de 17OHP sur buvard, qui retrouve une valeur très augmentée en cas de déficit sévère en 21-hydroxylase. Il permet de repérer et traiter les nouveau-nés atteints avant que ceux-ci ne développent des symptômes. Cependant, il n’est pas fiable à 100%. Il existe notamment des faux-positifs c’est-à-dire des nouveau-nés avec une 17OHP élevée mais qui ne sont pourtant pas atteints de forme sévère de déficit en 21-hydroxylase. Ce phénomène peut se produire dans des situations particulières, lors d’une grande prématurité par exemple.

L’équipe du Pr Antonin Lamazière (hôpital Saint-Antoine) s’intéresse à des nouveaux marqueurs qui pourraient être dosés sur buvard pour repérer de manière plus fiable les enfants atteints de forme sévère de déficit en 21-hydroxylase. Elle a d’abord montré que la 21DE serait plus fiable que la 17OHP pour repérer les nouveau-nés atteints de forme sévère de déficit en 21-hydroxylase à partir de 150 prélèvements plasmatiques de confirmation réalisés aux 9e-10e jours de vie en cas de DNN positif. Leur population d’étude incluait notamment des nouveau-nés avec déficit sévère en 21-hydroxylase et des faux-positifs. Puis, lors d’une étude rétrospective, elle a dosé une combinaison de plusieurs marqueurs (intégrant la 21DE, le 21-désoxycortisol et la 17OHP) sur 166 buvards provenant notamment de nouveau-nés avec déficit sévère en 21-hydroxylase et des faux-positifs. Elle a montré que cette combinaison de plusieurs marqueurs pourrait également être utilisée dans le DNN avec une bonne fiabilité. Son équipe s’interroge maintenant sur la faisabilité d’une généralisation du dosage de la combinaison de ces marqueurs en systématique lors du DNN et sur son intérêt en cas de prématurité.