Rétrospectives des boursiers FIRENDO du congrès ESPE and ESE 2025, Copenhagen, Danemark
Auteur : Louis THOMERET ; Jérôme BERTHERAT, louis.thomeret@inserm.fr
Un symposium consacré aux aspects endocriniens du suivi des enfants atteints de DMD
Les enfants atteints de DMD présentent un phénotype ostéoporotique souvent agressif, a rappelé le Pr Leanne M. Ward de l’Université d’Ottawa et spécialiste en santé osseuse des patients pédiatriques. La DMD est en effet responsable d’une diminution diffuse de la densité minérale osseuse et d’une perte de la déambulation autour de l’âge de 10 ans, parfois même avant, à l’origine de séquelles lourdes. Les glucocorticoïdes (GC) oraux représentent le traitement de première ligne de la DMD, mais par leurs effets ostéotoxiques aggravent l’ostéoporose et augmentent le risque de fractures notamment vertébrales (100% de survenue d’une fracture vertébrale lors du suivi d’un enfant sous GC au long cours, en général 50% après 8 ans). La prise intermittente de GC (par séquences de 10j ou 1j/2 par ex.) est associée à un risque fracturaire moindre, alors que la Vamorolone, stéroïde de synthèse modifié, présente un profil de sécurité plus intéressant tout en conservant de bons résultats sur la croissance, la diminution du risque de fractures vertébrales, et les marqueurs biologiques de turn-over osseux. Des évaluations de la santé osseuse des jeunes patients sont nécessaires dès le plus jeune âge et avant tout évènement intercurrent pour choisir le bon moment de mise en place d’un traitement préventif, le plus souvent la perfusion de bisphosphonates intra-veineux. Ainsi, des ostéodensitométries annuelles dès le diagnostic de la DMD, associées à des imagerie corps entier par DXA, et du rachis (évaluation d’un « spinal deformity index »), effectuées régulièrement voire annuellement chez les enfants traités par GC, permettent de repérer des déformations débutantes justifiant un traitement précoce. Le Dr Claire Wood de l’Université de Newcastle a ensuite présenté les données récentes sur le traitement de supplémentation en testostérone chez les garçons atteints de DMD. Deux tiers des patients présentent en effet un retard pubertaire, tous possédant en général un traitement de fond par GC qui est le traitement de référence à l’heure actuelle. En effet, l’effet suppresseur des GC sur le système hypothalamo-hypophysaire induit une freination de la sécrétion des gonadotrophines FSH et LH, d’où une absence d’augmentation du volume testiculaire puis de la fabrication de testostérone. L’absence de démarrage pubertaire est délétère sur le capital osseux à long terme et sur la croissance musculaire, ce qui au vu du mécanisme de la maladie représente une contrainte supplémentaire qui ne peut qu’aggraver les aspects locomoteurs de la DMD. A l’heure actuelle, la majorité des endocrinologues (enquête réalisée aux USA et GB principalement) proposent un traitement inducteur de la puberté par injections intra-musculaires mensuelles de testostérone chez les enfants atteints de DMD présentant un retard pubertaire > 14 ans. Lors de l’arrêt du traitement après 2-3 ans, et selon l’évaluation de la production endogène de testostérone, sa reprise peut être discutée. Les études s’intéressant à la qualité de vie de ces patients montrent unanimement une plus grande satisfaction en termes d’image personnelle, et de confiance en soi, sous traitement de supplémentation, alors que la question de la santé sexuelle et de la fertilité commence à être abordée par des études pilotes, révélant des craintes ou des situations que des patients ont des difficultés d’évoquer en consultation ou même dans leur entourage. Une des questions non résolues à ce jour consiste à savoir si le nouveau traitement par Vamorolone induira autant ou moins de retard pubertaire que la corticothérapie classique.
Références bibliographiques

