Rétrospectives des boursiers FIRENDO du congrès ESPE and ESE 2025, Copenhagen, Danemark

Auteur : Diana Garcia ; Antoine Martinez, diana.garcia_garcia@uca.fr

Photo des boursiers lors des congrès ECE-ESPE 2025. Crédit : Jérôme Bertherat

L’acromégalie, maladie rare liée à l’excès d’hormone de croissance, pourrait favoriser certains cancers via le facteur IGF-1. Une étude récente menée sur une large cohorte suédoise révèle une fréquence accrue de cancers chez ces patients… sans que cela n'explique leur mortalité plus élevée.


Acromégalie et cancer – retour sur une étude nationale en Suède 1991-2018 


L’acromégalie est une pathologie rare provoquée par une sécrétion excessive d’hormone de croissance. Elle entraîne une prolifération tissulaire impactant la croissance osseuse et l’épaisseur des os du squelette, mais aussi le volume des muscles et des organes, ou encore le métabolisme. Quand l’hormone de croissance stimule le foie à produire le facteur de croissance analogue à l'insuline de type 1 (IGF-1), une molécule capable d’induire un effet cancérogène, la prolifération tissulaire peut dériver vers le développement de divers cancers, réduisant l’espérance de vie des patients atteints de cette maladie. Cependant, l’incidence du cancer et la mortalité liée au cancer chez les patients atteints d’acromégalie est encore assez méconnue. Ceci est due au fait que les études sur la corrélation entre l’acromégalie et le développement de cancers sont menées sur de petits groupes de patients. En 2023, Britt Eden Engstrom établissait une cohorte de 1035 patients suédois diagnostiqués avec une acromégalie entre 1991 et 2018, lui permettant ainsi d’étudier l’incidence du cancer chez ces patients. Elle utilise comme contrôle un peu plus de 10000 personnes saines. Les résultats de cette nouvelle étude, présentés lors du premier congrès conjoint de la Société européenne d’endocrinologie (ESE) et de la Société européenne d’endocrinologie pédiatrique (ESPE), montrent que le développement du cancer est plus fréquent chez les patients atteints d’acromégalie, même avant le diagnostic de la pathologie, et indépendamment des interventions thérapeutiques pour cette maladie. En effet, l’analyse de paramètres comme la chirurgie hypophysaire, la radiothérapie ou le contrôle biochimique établis chez les patients avec acromégalie, ne montrent pas d’association avec le développement de tumeurs. Parmi les types de cancer les plus fréquents se trouvent le cancer colorectal, le cancer de poumon, les cancers hématologiques ou le cancer de sein chez les femmes. Étonnamment, bien que le cancer soit plus fréquent chez les patients acromégales, ce n’est pas lui qui semble peser le plus lourdement sur la mortalité. En fait, l’augmentation du taux de mortalité global observé chez les patients avec acromégalie comparé aux individus contrôles, ne serait pas lié au développement de cancer mais à l’apparition de comorbidités cardiovasculaires. Ces résultats soulignent néanmoins l’importance pour les cliniciens d’être vigilants face aux signes précoces de cancer chez les patients atteints d’acromégalie.


Ressources bibliographiques

https://pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC10965642/#Sec15

https://espe-ese-congress2025.org/